Et si la période d'essai faisait tomber les masques ?

Le candidat a-t-il toutes les compétences promises ? L’entreprise offre-t-elle réellement le poste proposé ? Si au moment du recrutement chaque parti tente de convaincre, voire de séduire, la période d’essai permet, elle, de faire face à la réalité et pourquoi pas de faire tomber les masques.

Comme son nom l’indique, une période d’essai doit permettre aux deux parties de s’évaluer et non de se tester. Il ne faut donc pas confondre période d’essai et essai professionnel. D’ailleurs la période d’essai est destinée aux deux parties. Il appartient alors à l’employeur d’évaluer les compétences du collaborateur dans son travail, et au collaborateur d’apprécier si le poste occupé répond bien à ses aspirations. 

Souriante et « fluent ». Vous venez de trouver la candidate bilingue dont vous rêviez. Surdiplômé et motivé. Vous venez de recruter l’expert qui vous manquait. Sélectionner et recruter le bon candidat est un exercice aussi compliqué que dénicher le bon poste dans la bonne entreprise. 

C’est pourquoi, la première période de travail, qualifiée « d’essai » permet à chacun de se découvrir, et d’apprendre à travailler ensemble. 

S’intégrer au sein d’une nouvelle équipe, d’un nouvel univers professionnel 

La période d’essai doit être une période d’investissement professionnel, mais aussi de vigilance pour chacun. Pour l’entreprise, il s’agit de réussir à intégrer le nouveau collaborateur, tant au niveau personnel et humain au sein des équipes, que professionnellement, par rapport aux spécificités de l’entreprise, son organisation, son jargon, ses méthodes… Pour le candidat, c’est le moment de prouver qu’il dispose bien des compétences promises, qu’il mette en pratique sa connaissance d’une langue quand il a affirmé être bilingue, ou d’une expertise quand il est supposé en disposer… 

Considérer les signaux faibles 

Attention, de toutes parts, les promesses non tenues dès les premiers jours sont des signaux à ne pas négliger, car annonciateurs de désillusions futures : le candidat devait disposer d’un bureau au sein de l’équipe, mais finalement on lui alloue un bureau de passage ; le titre du poste n’est plus celui annoncé, le contrat de travail en mentionne un moins intéressant ; on lui promettait un véhicule de fonction, il bénéficiera en fait d’un véhicule de service… Manifestement l’organisation de l’entreprise ou la parole du management sont peu fiables. Les candidats risquent donc d’aller de désillusion en désillusion si les différences entre le discours et les faits sont systématiquement en leur défaveur. 

Alors que le candidat a été recruté pour ses qualités rédactionnelles, il fait de nombreuses fautes dès les premiers écrits ; la parfaite maîtrise d’un logiciel était un pré-requis pour obtenir le poste, le collaborateur ne dispose que de notions très insuffisantes pour être autonome dans sa mission ; le poste est bilingue et le candidat est limité par un niveau de linguistique très scolaire. Si le fossé est grand entre compétence supposées et compétences réelles, il n’a aucune chance de se réduire, et la période d’essai aura permis de le découvrir. 

En période d’essai, tous les signaux faibles sont à considérer, une fois de plus de part et d’autre : présentation plus avantageuse que la réalité, mensonge flagrant, comportement inapproprié… Tout élément qui viendrait contrarier, voire rendre impossible la mission à réaliser est à relever et à analyser, pour éviter ou prévenir des difficultés à venir. 

La situation devient-elle négative ou non ? Suis-je piégé dans une situation dans laquelle je ne devrais pas me retrouver ? L’exercice professionnel va-t-il réellement pouvoir se dérouler au mieux ? 

Une première phase du contrat de travail 

N’oublions pas que la période d’essai constitue bien, déjà, une première phase du contrat de travail. Cette période, qui n’est pas obligatoire et dont le renouvellement ne peut pas être infini, doit, pour exister, être prévue dans le contrat de travail ou dès la lettre d’engagement. 

Une durée maximale est généralement fixée par le Code du travail ou les conventions collectives. Elle pourra être librement rompue, pour des raisons qu’il convient de mentionner, quand c’est à l’initiative de l’entreprise, pour éviter tout abus, sous réserve également du respect d’un délai de prévenance. 

Au terme de la période d’essai, le collaborateur est définitivement embauché. Aussi la période d’essai a deux vocations : confirmer la qualité du recrutement ou faire tomber les masques !